Tatouage


Dr Nicolas Kluger, Service de Dermatologie, Hôpital Saint-Eloi, CHU de Montpellier








- Le tatouage comporte une effraction cutanée, donc un risque infectieux pour le tatoué. Quelles sont les mesures d'hygiène que doivent prendre le tatoueur et son client ?

Les mesures d’hygiène se font à deux niveaux successifs. Le tatoueur doit tout d’abord travailler en respectant des conditions fixées par l’arrêté du 11 mars 2009 relatif aux bonnes pratiques d’hygiène et de salubrité pour la mise en oeuvre des techniques de tatouage par effraction cutanée, y compris de maquillage permanent et de perçage corporel, à l’exception de la technique du pistolet perce-oreille. Il utilise du matériel à usage unique et/ou stérilisé. Il inspecte la peau avant le tatouage à la recherche de lésions cutanées infectieuses ou autres. Il désinfecte la peau avant le tatouage et régulièrement pendant le geste et à la fin du geste.
Le tatoué doit par ailleurs respecter les conseils de soins prodigués par le tatoueur. Habituellement, une toilette deux fois par jour du tatouage à l’eau tiède et au savon est largement suffisant. En effet, le savon de Marseille est un excellent désinfectant. Il n’est pas nécessaire d’appliquer de façon répéter un antiseptique de type chlorhexidine ou autre. Il n’y a aucune indication également à appliquer de façon systématique une pommade antibiotique. En cas d’évolution inhabituel du tatouage (absence de cicatrisation au bout de 3-4 semaines, persistance d’un suitement, apparition de croûtes jaunâtres…), il convient de consulter son médecin traitant ou un généraliste.

- Y a-t-il des contre-indications au tatouage?

Il n’existe pas de contre indication absolue au tatouage. En revanche, il convient de consulter son médecin traitant ou un dermatologue pour avis dans certaines situations

- Les patients avec un antécédent de maladie de peau connue pour être chronique comme un psoriasis, un lupus, un lichen, une sarcoïdose ou un vitiligo devraient consultent leur médecin au préalable. En effet, certaines maladies de peau peuvent se localiser spécifiquement sur une zone traumatisée, et par exemple tatouée. Cette complication est imprévisible, peut survenir dans des délais variables après le tatouage. Une maladie ‘active’, ‘évolutive’ ou ‘en poussée’ au cours du tatouage et des antécédents de localisation de la dermatose sur d’autres cicatrices (cicatrices opératoires, cicatrices de traumatismes, ….) sont des arguments pour discuter d’éviter un tatouage. Cela se discute au cas par cas entre le patient et le médecin.
- Certaines personnes peuvent déclencher une réaction d’hypersensibilité (réaction « allergique ») à un pigment de tatouage. Ces réactions apparaissent sous forme de gonflements itératifs ou permanents, de suintements et de démangeaisons localisées à une couleur (habituellement le rouge mais toutes les couleurs ont été rapportés sauf le blanc). Un patient déjà tatoué qui a fait une réaction à une couleur doit éviter de se faire tatouer avec la même couleur, même si la marque est différente. En l’absence de marquage systématique de la composition précise de l’encre et de tests allergologiques, il est difficile de savoir à quel composant précis une personne est « allergique ». Les encres partagent parfois des ingrédients communs, que ce soit dans les mêmes couleurs ou parfois dans des couleurs différentes. Un avis auprès d’un dermatologue et ensuite d’un allergologue peut parfois être nécessaire.
- Les patients porteurs de cardiopathies congénitales ou avec un souffle au cœur connu doivent d’abord prendre contact avec leur cardiologue pour prendre avis et discuter d’une antibioprophylaxie. En effet, des cas d’infections de la valve du cœur (endocardite) ont été décrits après tatouage.
- Les patients aux antécédents personnels de cancers de peau doivent éviter de se faire tatouer. En effet, ces personnes nécessitent une surveillance régulière de leur peau et un tatouage surtout s’il est grand, large, sombre peut perturber la surveillance et retarder le diagnostic d’une lésion suspecte. De plus , les patients porteurs de nombreux grains de beauté surtout s’ils sont atypiques (syndrome de naevi atypiques) doivent la aussi faire attention où ils vont mettre leur tatouage pour les mêmes raisons.
- Enfin, la question se pose de savoir si on peut tatouer les personnes sous traitements anticoagulants en raison du risque de majoration de saignement durant le tatouage ou sous traitements immunosuppresseurs en raison du risque accru d’infection… Ces questions restent en suspens

- Quelles sont les soins permettant d'effacer un tatouage ?

A ce jour, seuls certains lasers sont les traitements de référence de tatouage. Il existe des méthodes physiques et chimiques pour détruire les tatouages au pris de cicatrices permanentes.

0 commentaires:

Enregistrer un commentaire

Remarque : Seul un membre de ce blog est autorisé à enregistrer un commentaire.